Expositions temporaires antérieures

18 juillet au 4 novembre 2018

Theatrum Mundi. Théâtre baroque du monde, festival scénique sacré, spectacle

«Le monde est une scène de théâtre.» – L’adage de William Shakespeare correspond parfaitement à l’époque baroque: la vie terrestre ne serait qu’un simulacre, mis en scène par le Divin, dans lequel chaque être humain se doit de jouer le rôle qui lui est assigné. Cette idée est le fondement de la vision européenne du monde des XVIIe et XVIIIe siècles. Dans les fêtes courtoises et dans leur joyau multimédia que représentait l’opéra, les dirigeants de l’époque ont mis en scène et reflété ce monde, offrant une prétendue représentation de Dieu, non seulement pour en faire la louange, mais aussi pour établir leur propre puissance.

Ce «Theatrum Mundi» (théâtre du monde) a été l’objet de toute l’œuvre du Festival de Bayreuth de Richard Wagner, avec une intensité qu’on ne trouva nulle part ailleurs dans ce XIXe siècle bourgeois, mais fut traité, en revanche, sous un angle totalement différent. Ainsi Der Ring des Nibelungen reflète avant tout la fin d’un ordre, la corruption d’un monde financier et la décadence de la politique. Wagner entend les dépasser pour les remplacer par un «ordre mondial esthétique».

Plakatmotiv der Sonderausstellung „Theatrum Mundi“ 2018
Du 30 mars au 27 mai 2018

«Je ne me laisserai pas réduire en miettes!!!» – Friedelind Wagner et Bayreuth

Une installation dans la Maison Siegfried Wagner

Friedelind Wagner (1918-1991), fille aînée du fils de Richard Wagner, Siegfried, et de son épouse Winifred, était l’un des représentants les plus importants de l’opposition au Festival en tant que «théâtre asservi à Hitler» et à Wahnfried. Elle a prouvé qu’en tant que «Wagner», il n’était pas nécessaire d’être nazi. Elle aurait eu 100 ans le 29 mars 2018.

«Je ne me laisserai pas réduire en miettes!!!» écrivit Friedelind Wagner le 6 novembre 1939 dans une lettre à sa tante, Daniela Thode. Friedelind Wagner représente ainsi un contraste significatif à l’esprit qui se manifestait dans la Maison Siegfried Wagner. Dès son plus jeune âge, elle fut le «mouton noir» de la famille; dès le début de la Seconde Guerre mondiale en 1939, elle partit à 21 ans, sans le sou, en exil aux États-Unis.

Foto: Friedelind Wagner, Brustbild nach links, mit Hut
Du 5 mars au 27 mai 2018

Le saxophone suspect. «Musique dégénérée» sous le régime nazi

Reconstitution commentée de l’exposition de Düsseldorf de 1938

Faisant suite à l’autodafé nazi de 1933, à la déportation et à l’emprisonnement d’artistes critiques du régime, a eu lieu en 1937 l’exposition sur «l’Art dégénéré» à Munich. Dans la musique aussi, les tendances esthétiques et stylistiques des artistes contemporains ont été stigmatisées et qualifiées de «dégénérescence» et de «dégradation». En mai 1938, par exemple, une exposition intitulée «Musique dégénérée» fut présentée aux «Journées de la Musique du Reich» à Düsseldorf.

Karikatur: Das Titelmotiv der die Ausstellung 1938 begleitenden Broschüre von Hans Severus Ziegler.
Du 14 juillet au 29 novembre 2017

«Puisque rien ne dure» – 100 ans de Wieland Wagner, entre tradition et révolution.

Wieland Wagner (1917-1966) fut l’un des plus grands réformateurs de la scène lyrique du XXe siècle. Le fils aîné du fils de Wagner, Siegfried, et de son épouse Winifred Wagner, favori d’Adolf Hitler, grandit dans le «cocon protégé du pouvoir» de Wahnfried, la maison mythique de son grand-père Richard Wagner à Bayreuth. Il fut élevé autant dans l’idéologie nationale allemande antisémite des Wagner que dans l’ambiance artiste bohème du Festival.

Il fit ses premières tentatives de scénographie au Festival de Bayreuth entre 1937 et 1945, mais la fin de la Seconde Guerre mondiale et du Troisième Reich – avec la prise de conscience des crimes du régime auxquels sa famille, et surtout sa mère, étaient si étroitement liées – a constitué une coupure profonde et dérangeante dans le monde apparemment «idéal» du prince héritier de Bayreuth.

Wieland Wagner vor Richard Wagner
Du 17 juillet au 20 novembre 2016

Images de Wagner. Photographies de Monika Rittershaus 1992-2016

L’exposition temporaire «Le culte des peuples germaniques via Wagner -Illustrations de Ferdinand Leeke» (25. 3.-29. 5. 2016) du Musée Richard Wagner se consacrait déjà à un chapitre de l’iconographie Wagner et à sa perception. L’exposition de l’été 2016, avec les photographies de scène de Monika Rittershaus, présente l’accueil varié qui a suivi au cours des 20 dernières années. Elle illustre ainsi la confrontation avec une image de Wagner qui a été façonnée notamment par les œuvres de Leeke au début du siècle dernier.

La photographie de théâtre est une discipline particulière de l’art photographique. En tant que forme d’art performatif et dynamique, le théâtre échappe au moment fixe du temps qui s’est solidifié et coagulé dans la photographie. Il est donc important de saisir non seulement l’intention artistique d’une production d’opéra et de ses auteurs au moment saisi, mais aussi leur rythme spécifique, interne comme externe. Une photographie de théâtre réussie n’est donc pas seulement de la documentation, mais aussi une interprétation et une représentation de l’esthétique théâtrale.

Plakatmotiv der Sonderausstellung „Wagnerbilder. Monika Rittershaus. Fotografien 1992–2016”, 2016 – Foto: Monika Rittershaus, „Götterdämmerung” 2010
Du 25 mars au 29 mai 2016

«Le culte des peuples germaniques via Wagner –Illustrations de Ferdinand Leeke»

Friedrich Nietzsche fut choqué par ce qu’il vit lors du premier Festival de Bayreuth en 1876: «On a traduit Wagner en allemand! De l’art allemand! Le maître allemand! La bière allemande!»

Cosima Wagner, son futur gendre Houston Stewart Chamberlain et le Cercle de Bayreuth qui l’entouraient, avaient fermement ancré l’héritage et l’image de Richard Wagner dans l’antimodernisme de l’Empire allemand. Ils les ont mis sans réserve non seulement au service du nationalisme naissant, mais aussi à sa tête.

L’image d’un Wagner «germanique» dans les gouaches du peintre Ferdinand August Leeke (1859-1937), que Siegfried Wagner a commandé à l’artiste à la fin du XIXe siècle en mémoire de son père, a connu une formidable diffusion et donc un ancrage puissant. Ils ont servi de modèles pour des albums coûteux et d’innombrables cartes postales.

Wotans Abschied: Gemälde von Ferdinand Leeke, 1932
Du 27 juillet 2015 au 31 janvier 2016

«Wahnfried» ou «Aergersheim»

L’histoire de Wahnfried

Richard Wagner a passé sa vie à voyager dans la moitié de l’Europe. Il attendit d’avoir 60 ans pour planifier sa propre maison d’artiste à Bayreuth, dont la construction, grâce à l’argent du roi Louis II de Bavière et de Cosima, commença en 1872. Sa maison, appelée Wahnfried, qui pourrait signifier «la paix de l’imaginaire», fut rebaptisée parfois par lui «foyer de tracas» au vu des nombreux retards de construction vécus. L’exposition sur l’histoire de Wahnfried, conçue par le bureau suisse ARTES sous la direction du Dr. Verena Naegele, montre l’histoire de la construction de cette maison de compositeur, unique en son genre, et de sa transformation depuis un bâtiment d’habitation avec annexes jusqu’à devenir un musée.

En 1893, le fils de Wagner, Siegfried, construisit la Maison Siegfried-Wagner sur le même site que son épouse Winifred agrandit plusieurs fois à partir de 1932. Adolf Hitler y a habité, entre autres, en tant qu’invité. Après la destruction de la Maison Wahnfried par une bombe en 1945, la maison, reconstruite selon les plans de Hans Reissinger, est redevenue habitable en 1949 et a servi de résidence à sa famille jusqu’au décès du petit-fils de Wagner, Wieland, en 1966. Après sa reconstruction qui, de l’extérieur, est fidèle à l’originale, elle est gérée comme un musée depuis 1976.

Foto: Haus Wahnfried, Gartenseite, um 1900
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